Die Antwoord

 

Die Antwoord (en afrikaans : « La réponse »), est un groupe de hip-hop du Cap, composé de trois membres: Ninja (Watkin Tudor Jones), Yo-Landi Vi$$er (Yolandi Visser) et DJ Hi-Tek. Le groupe se décrit lui-même comme un mélange de plusieurs cultures différentes et comme « une adorable entité bâtarde d’Afrique du Sud, issue de l’amour de plusieurs cultures, noires, blanches, colorées et extraterrestres (…) »

 

http://music.blog.lemonde.fr/2010/02/09/sur-die-antwoord-le-rap-en-afrikaans-et-les-premieres-impressions/

 

De son vrai nom Watkin Tudor Jones, l’homme est un pilier du rap underground sud-africain depuis une bonne quinzaine d’années. De son repaire au Cap, il a activement participé à plusieurs groupes et projets dont Original Evergreens (rap pur et dur), The Constructus Corporation (vaste projet rap-électro, l’album Ziggurat vaut le détour) ou MaxNormal.tv (du rap et des présentations Powerpoint sur scène). A chaque fois, Tudor Jones est méconnaissable, tantôt rappeur classique tantôt en costume trois-pièces et impeccable, avec 25 noms de scène à son répertoire. Le redneck tatoué n’est que le dernier d’une longue série d’alter égos. Le rap, lui, était une copie carbone américaine, mais a pris des rides électroniques tout en piochant profond dans la culture locale. Pour le résultat qu’on connaît.

 

La fille, Yo-Landi Visser, était avec lui à chaque étape (c’est sa femme) et peut être à la fois choriste féminine éthérée et rappeuse garçon manqué au flow vicieux (ici dans une émission musicale filmée dans un taxi, une violence verbale transcendantale). Le DJ souffrant de progeria est, en revanche, vraiment un DJ souffrant de progeria. Il s’appelle Leon Botha, c’est un artiste reconnu, il assure aux platines et il est littéralement obsédé par GZA du Wu-Tang Clan. C’est aussi une des très rares personnes à vivre avec la progeria au-delà de l’adolescence.

 

Comme Die Antwoord, Botha vient du Cap et avec d’autres artistes – le photographe Roger Ballen, sorte de Larry Clark pour la jeunesse blanche sud-africaine, fait les photos et un pote vidéaste assure les clips à l’allure pro – ils contribuent à faire circuler le phénomène. Le bouche à oreille numérique a vraiment décollé au début du mois : en deux semaines, le nombre de vues des deux clips disponibles est passé de 10 000 à plusieurs centaines de milliers. Ces mecs ont littéralement explosé au niveau planétaire avec des bouts de ficelles numériques, ce qu’ils essaient de faire depuis 15 ans dans l’underground sud-africain. Le blog RAAK retrace minutieusement le buzz depuis avril 2009 : les blogs sud-afs, puis les forums, puis les réseaux sociaux et l’explosion quand les médias s’en emparent. S’il fallait trouver un point de départ, un épicentre, ce serait Wat Kik Yi, un blog spécialisé dans le rap-rave zef sud-africain, concept de vie polymorphe porté comme un étendard par la jeunesse blanche désoeuvrée.

 

Tout le monde jure qu’il n’y a pas de corporations derrière Die Antwoord, que c’est le DIY du 21e siècle dans son efficacité la plus totale. Peut-être. Mais au final, ce n’est même plus important parce que même les plus grosses ficelles n’enlèveront jamais rien à une musique qui a du coeur et des tripes et une basse qui fait trembler tes côtes. Ca transparaît au-delà de tous les gadgets promotionnels, même si la frontière au-delà de laquelle tu deviens vraiment une blague virale n’est jamais loin. Dans une des premières interviews dans son costume de Ninja, Tudor Jones expliquait à Vice en 2008 que “jamais personne venant d’Afrique du Sud n’avait marché de l’autre coté de l’océan”. La preuve que non, puisque si l’univers fonctionne correctement, Beat Boy deviendra l’hymne de la prochaine Coupe du monde de football.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.